les chroniques d’une angoisée finie

Parraît qu’écrire est un remède contre l’insomnie

Crise de la trentaine à 29 ans. Côté Social mars 22, 2007

Classé dans : Non classé — melyindigne @ 12:21

C’est pénible, mais ça a du bon.

M’enfin est-ce vraiment une crise de la trentaine ou c’est juste une crise existentielle tout court? On verra à mes trente ans si le même manège recommence. Depuis Noël que je traînais de la patte. Pas une dépression non, mais tsé, une écoeurantite de tout. Tannée d’être tout le temps toute seule, de jamais pouvoir aller faire quelque chose avec qui que ce soit. Tannée de pas avoir de métier, enfin, j’en ai un, mais c’est pas lui que je veux. Mère à la maison, c,est un beau métier, mais c’est pas MON métier. Tannée des chicanes de couple. Tannée des troubles de comportements, Tannée des beau parents qui se mêlent de nos affaires, qui s’ingèrent dans NOTRE vie. Pis sans parler des regrets, moi qui quand je suis revenue dans mon petit patelin m’attendais à revoir du monde, moi qui me disais “Heille je vais connaître du monde par chez nous” Pffffft ça fesse comme une brique quand tu te rends compte que nenon, ça veut absolument rien dire.

Passons le tout au crible, ça va me vider la tête. Pour la on parle du social.

Au primaire, j’étais la tite fille tranquille toute seule. J’avais une amie. Le reste j’étais toujours à part. Pourquoi? Parce que. Peut être que j’étais trop tranquille. Peut être aussi parce que moi ça ne me dérangeait pas de m’asseoir à côté de la petite fille qui avait une déficience. Peut être parce qu’un jour je l’ai défendue, elle et son frère parce que tout le monde riaient d’eux. Elle pour sa déficience et lui parce que c’était sa soeur. On dirait que ça m’a marqué. Moi j’ai pas trouvé ça drôle. Moi ça me rendait triste pour eux. M’enfin, j’étais à part des autres et je m’en ressent encore.

Au secondaire, j’avais encore mon amie. J’en ai eu d’autre aussi. Les amies de mon amie. Ma gang de musique avec qui je m’entendais. D’autres amis de passage. J’étais encore très à part, mais c’était moins pire. Sauf que j’ai commencée à sortir avec mon homme j’avais 14 ans. Trop tranquille pour les autres. J’aimais pas aller veiller. (j’en parlerai en long et en large plus tard). Ma soeur est née quand j’avais 15 ans. D’une grossesse très difficile et prématurément. J’étais la seule personne à part mes parents qui était capable de la prendre sans qu’elle hurle à la lune sans arrêts. J’étais donc trop tranquille parce que je m’occupais de ma soeur. Je la gardais, et j’aidais ma mère. Ensuite on a appris qu’elle était quadraplégique, et puis elle était toujours malade. Encore une fois, j’étais à part parce que personne n’a jamais compris comment je pouvais me sentir à part. Comment j’aimais pas les petits commentaires à propos des handicapés.

Mes temps de cégep allaient bien. A Québec, le 6 mois avant que je sois enceinte de mon grand, c’est bien déroulé. J’avais quelques amis. Et tout le monde s’en fouttaient un peu que j’aille pas veiller. Le seul temps où j’ai eu de l’amertume, c’est quand je voyais mes amis de musique au cégep de Ste-Foy en musique et moi non. Moi non parce que mes parents n’étaient pas d’accord. J’ai choisi le cégep François-Xavier Garneau parce que j’avais besoin de partir de chez nous. J’aimais l’histoire alors j’ai pris le profil international. C’était un compromis, mais mes 6 mois de social se sont bien déroulés. J’avais des amis et je me fesait du fun.

Après avoir accouchée, j’ai repris par chez nous en éducation spécialisée. J’habitais à nouveau chez mes parents avec Alex et mon homme venait nous rejoindre la fin de semaine. Au début j’étais très gênée et dans mon petit coin, parce que je suis toujours comme ça dans un groupe. Ça me gêne terriblement et j’entrerais volontié dans le plancher. Jusqu’à ce que je rencontre celle qui allait devenir comme ma soeur. On s’est perdu de vu après qu’elle soit retournée par chez eux pour travailler. Mais ça vraiement été la plus belle période de toutes. On a fait des conneries, on a jouer aux cartes, on a passées des soirées à rire, on pouvait aller prendre un café, aller au cinéma, aller magasiner, aller prendre une bière dans un petit bistro tranquille, on est allés voir tous les concerts qui passaient dans le coin et parfois assez loin. On en a vu des moches, des superbes. On a joués de la musique ensemble, faire nos devoirs, faire la vaisselle, etc. On s’est perdu de vue, mais c’était ok. C’est normal que plein de gens soient juste de passage dans nos vie. On peut se remémorer le bon vieux temps et sourire.

J’ai déménagée à Montréal avec mon Homme. Ça été un temps très difficile. Je connaissais personne, mais on voyais régulièrement ses amis. Donc on avait une vie sociale. Après quelques années, comme nous n’aimions pas montréal, que nous avions des problèmes de santé, qu’on ne voullais pas que nos enfants grandissent dans cet environnement, on a fait des recherches et miracle… il a trouvé une job dans son domaine, à un salaire potable dans notre petit patelin.

On déménage donc. En octobre 2000, nous voila de retour. J’avais je crois de très grandes attentes. Comme je m’étais énormément ennuyée (ça c’est ce que je croyais) à montréal des sorties de filles, je m’étais dit : ” Une fois par chez nous, je vais connaitre du monde, je vais pouvoir sortir. Je serai plus toute seule.” Et bien pas dutout. Rien de tout ça. Mais comme j’y croyais très fort, ça été très difficile.

Ma meilleure amie depuis des lustres est à l’opposée de moi. Impossible de lui parler sans en ressortir jugée. On a bien fait des activitées ensemble, mais à chaque fois je revenais toute à l’envers. Avant, même si on était opposée, même si on avait des opinions différentes, on s’entendait bien. Et jamais il n’y avait de jugement. Maintenant, je me fesait juger sur ma façon d’élever mes enfants, ma façon de gérer mon couple, moi et ma façon d’être. Pis plus moyen d’avoir une discution sans obstinage et jugement. Juste parler d’une fille qui se fait refaire les seins était pénible. Mais on s’en fous tu de ce que les autres peuvent faire de leur corps? C’était toujours moi qui appelait, jamais le contraire. Je m’étais donc faite à l’idée que ce n’était pas bon d’avoir une relation qui me maganait toujours un peu plus, alors après m’être fait jugée parce que les enfants étaient suivit pour déficit d’attention, j’ai pris mes distances. C’était mieux d’une façon, mais d’un autre côté, ça me collait le nez dans le problème.

Je suis dans ma ville natale et je ne connais pas un chat, je suis toujours toute seule, ça me déprime totalement.

Bien sûr j’ai revu, mes chum du secondaire. Mes chum du secondaire, ben elles pensent juste à veiller. J’Hais ça aller veiller. J’aime ça avoir du fun, mais c’est certainement pas dans un bar que je vais m’en faire.

Trop de monde, trop de musique forte pis poche, je déteste danser sur les pistes de danse des bars. Bref, bien que je l’ait essayée nombre de fois, j’arrive juste pas à aimer ça. Pis je comprends pas pourquoi elles continuent à voulloir que je vienne. Quéssé qu’il y a de fun à traîner quelqu’un qui a un air de boeuf toute la soirée, c’est quoi le but quand après on lui reproche l’air en question? Dans le fond, fallait aussi que je fasse le constat que même au secondaire, j’ai toujours été à part. On me reprochais toujours de pas aller veiller comme tout le monde, d’être trop tranquille. De m’occuper de ma soeur. Alors est-ce que c’était vraiment des amies? Non je crois pas, ils me toléraient parce que ma meilleure amie s’entendait bien avec moi. Voilà. J’ai toujours été à part.

Moi j’aimais pas aller veiller, moi je m’occupais de ma soeur qui était handicapée, moi ben je jouais de la musique et j’aimais la musique classique et la musique du monde, bref j’écoutais de tout. Et j’osais dire que je n’aimais pas les groupes de l’heure. Ah oui, dans le temps j’aimais pas le goût de la bière, ni la liqueure. (Bien que maintenant, j’aime bien la bière).

Je fesais toujours des compromis, des concessions, j’acceptais de les suivre dans les bars, même quand je suis revenue par chez nous en me disant, ben elles aiment ça. Mais j’ai oubliée que moi, je détestais. Comme je disais faire le constat de ce fait, ça fesse dans le dash.

Donc proche du trente ans toute seule quand on est sociable, quand on a toujours été entourée de monde. Ouach. Vous me direz que ça se fait de rencontrer du nouveau monde. Je suis bien d’accord, mais où? Pis comment on fait. Surtout quand on est trop gênée, qu’on a l’impression après avoir fait les constats plus haut qu’on est platte et poche. Et surtout quand on est une angoissée parano finie. En plus de détester le téléphone. Ben oui, j’aime pas ça moi parler des heures au téléphone. Pis on parle pas de laisser un message sur un répondeur. C’est certain que je vais racrocher à la seconde ou je vais entendre le répondeur. À moins que ce soit important comme message.

Donc en bonne angoisée parano finie, j’ai peur de demander à ceux avec qui je m’entends bien. Peur de quoi? Je sais ben pas, peut être d’avoir à constater que décidément je n’intéresse personne. Logiquement je sais que ça n’a aucun sens, mais bon, j’ai pas dit que j’avais des raisonnement logique. Vous me voyez venir. L’homme me disait rien t’empêche de sortir toute seule, ou appelle quelqu’un avec qui tu t’entends bien… yeah right. Il disait aussi inscrit toi dans un groupe.

De 1— J’ai pas envie de sortir prendre un café toute seule. Et je me vois mal arriver au Tim Hortons et dire à la première personne que je croise: -Bonjour, c’est parce que je m’emmerde et j’aimerais avoir de la compagnie. Vous voyez, j,aimerais ça me faire du fun. Rire. Parler. Non, c’est pas une solution.

De 2— Ben voyons, je suis ben trop gênée. Pis je viens de le dire, je suis une angoisée parano finie et j’ai trop d’imagination. J’ai un don infini pour m’imaginer ce que l,autre personne peut penser. Mais de toute façon, je connais pas un chat. Bon c’est peut être la seule solution qui pourrait être exploitée, si je passe par dessus mon dédain pour le téléphone, ma sainte horreur du répondeur, mon don d’angoissée pour rien et d’imaginer ce que l,autre peut penser… ma peur de déranger. Je reviendrai à ce point plus tard.

De 3— J’ai essayée de m’inscrire à un groupe. Le problème est que quand on regarde le journal à ce propos…

il y a : – Les filles d’isabelle: Heu… non ça ne me rejoint pas. Mais pas dutout. On se rappelle que j’avais 27-28 ans.

- Le cercle des fermières: Heu… non plus.

- Tous les groupes genre AA et autres: Non, vraiment, je ne suis pas alcoolique, ne prends pas de drogue. Et aucuns des problèmes mentionnés ne me concerne.

- etc.

Mais une connaissance m’ayant parlé d’une association dans laquelle elle était m’a décidée à m’inscrire moi aussi. Il était supposé y avoir des femmes de mon âge, mais j’en ai pas vue. Je ne me sens pas ultra féministe non plus. Certaines causes me touche, mais pourquoi est-ce qu’il faut toujours qu’on y présente la femme comme un pauvre victime de tout? Toutes les femmes que j’ai rencontrées étaient des femmes à la retraite. J’ai rien contre la différence d’âge, ce n’est pas un critère pour moi ça. Mais bon, les activitées n’étaient pas vraiment dans mes intérêt. J’en ai rien à faire de la retraite. J’ai même pas encore étudiée pour faire le métier de mes rêves. J’ai donc été déçue. Très. Les dames étaient bien gentille par contre. Ça c’est un plus, et c’est pour ça que j’ai quand même ma carte de membre. C’est juste qu’il n’y a aucunes activités qui m’intéresse.

N’allez pas croire que je n’ai aucuns amis. J’en ai. Mais ils sont tous éparpillés un peu partout dans le monde. Si j’ai envie de me changer les idées, c’est pratiquement impossible. Je vais pas aller prendre un café à Québec à neuf heures le soir. Et mon majeur problème ces dernières années était ça. Personne dans mon coin. Personne qui a des goûts et intérêts similaires, qui me demandera pas à toutes les semaine de faire le tour des bars, qui ne me jugera pas sur mes goûts musicaux, qui peut comprendre que ma soeur c,est pas comme une soeur normale, qui peut comprendre mes états d’âmes. Toujours toute seule. Pour aider, étant maman à la maison, j’étais plus qu’isolée. À partir de mon arrivée en 2000, j’ai rapidement été en pente descendante. J’ai oubliée le plaisir de parler et partager, je me suis refermée, j’ai oubliée le plaisir de rire de bon coeur. Parce que j’était toute seule dans mon coin. Et quand on est en couple avec un homme qui n’a pas autant de besoins sociaux ben… on s’enfonce.

Je pense que refaire un bilan aide. C’est une partie des choses qui me gossait pendant ma crise de la trentaine à pas trente ans. C’est pour ça que j’ai décider que même si c’est dure, je prends des résolutions pis ça va se régler. Ce point là est réglé.

Donc mis sur papier, ça donne:

-Out les filles du secondaire qui m’appellent juste pour aller veiller. Qui veullent jamais rien faire d’autre. Et à qui je sers principalement de surveille table et bouteille. Nous n’avons rien en commun. J’ai 4 enfants, je déteste les bars, non je n’irai pas veiller 4 soirs sur 7. Je déteste parler à du monde toujours soûls et gelés comme des balles. C’est emmerdant et pas dans mes valeurs.

-Pour ce qui est de ma meilleure amie, quelque chose à cassé. Ça ne sera plus jamais pareil. Mais plus jamais je vais laisser qui que ce soit me juger et me blesser. Il y a eu des explications et je les comprends, mais maintenant, je suis plus détachée. Quand elle m’appelle tant mieux, on va sortir un peu, mais je ne m’implique plus. Peut être que le rapprochement va se refaire, mais on verra. Je me sens bien dans cette décision. Je ne veux pas fermer la porte pour toujours. Suffit de rester détachée.

-J’ai pris comme résolution que je ne resterais plus toute seule dans mon tit coin. J’ai besoin de voir du monde. J’ai besoin de me changer d’air, d’avoir des conversations sensée. Alors ça va se faire. Déjà, d’avoir vu quelqu’un de mon coin m’a fait un bien fou.

Je dois simplement apprendre à arrêter d’avoir peur de ce que les autres peuvent penser. J’ai juste à passer par dessus de ma peur de déranger, ou ma peur d’être encore pas acceptée. Ah et faudrait que je passe par dessus mon horreur du téléphone ça aiderait.

J’ai eu l’occasion de remarquer que d’avoir du social rend légère comme une plume. Ça faisait très longtemps que je n,avais pas eu un sourire franc. Que je n’avais pas été de bonne humeur. C’est fou ce que ça peut me changer. Et pour le mieux. Vie sociale = exit la dépression dans mon cas.

Donc dans ma petite tête c’est réglé. Reste qu’à travailler pour que ça s’arrange.

Bon avec ça j’ai encore fait un roman interminable. Mais bon, si ça peut m’aider à dormir. C’est pour la bonne cause. C’est une chose de moins qui va rouler dans ma tête ce soir.

 

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